Assurance emprunteur après un cancer
Budget indicatif 2026 : 20 à 150 €/mois — fourchette de marché, pas un devis.
Le cadre a profondément changé en faveur des anciens malades. Depuis la loi Lemoine de 2022, le droit à l’oubli s’applique cinq ans après la fin du protocole thérapeutique (contre dix auparavant), sans condition d’âge au diagnostic et sans rechute : passé ce délai, l’ancien cancer n’a pas à être déclaré, et l’assureur ne peut ni le tarifer ni l’exclure — aucune surprime, aucune exclusion fondée sur cette pathologie. Le même mécanisme vaut pour l’hépatite virale C. Avant ces cinq ans, la grille de référence AERAS prend le relais : pour une liste de cancers et selon le stade, elle impose l’assurance à des conditions encadrées, parfois sans aucune surprime, parfois avec une surprime plafonnée.
Deux autres leviers complètent l’arsenal. La suppression du questionnaire médical quand la part assurée reste sous 200 000 € remboursés avant les 60 ans de l’emprunteur : dans ce périmètre, la question ne se pose même plus. Et la convention AERAS elle-même, qui organise l’examen des dossiers refusés en trois niveaux successifs. Enfin, un contrat souscrit hier avec surprime n’est pas définitif : la résiliation à tout moment permet de faire retarifer le dossier dès que le droit à l’oubli est acquis — les banques et assureurs ne le proposent jamais spontanément.
Ce qui fait varier la prime
- date de fin du protocole thérapeutique : avant ou après le cap des cinq ans, tout change
- type et stade du cancer au regard de la grille de référence AERAS
- montant et durée du prêt face au seuil Lemoine des 200 000 € par tête remboursés avant 60 ans
- garanties demandées : décès/PTIA, incapacité, invalidité — les conditions diffèrent par garantie
- état de santé global hors cancer (le reste du questionnaire demeure, hors droit à l’oubli)
La méthode, pas à pas
- dater précisément la fin du protocole thérapeutique (compte-rendu de fin de traitement) : c’est ce document qui déclenche le droit à l’oubli
- ne pas déclarer ce qui n’a plus à l’être : passé cinq ans sans rechute, la question sur cet antécédent est réputée sans objet — y répondre spontanément ne peut que vous desservir
- vérifier d’abord l’éligibilité Lemoine sans questionnaire : sous les seuils, le dossier médical disparaît entièrement
- si le délai n’est pas atteint, invoquer explicitement la grille de référence AERAS : les conditions maximales y sont opposables à l’assureur
- faire retarifer un contrat en cours dès le cap des cinq ans franchi : la loi Lemoine permet de changer à tout moment, la surprime d’hier n’est pas une fatalité
Questions fréquentes
Dois-je déclarer un cancer terminé il y a plus de cinq ans ?
Non : le droit à l’oubli interdit à l’assureur de recueillir et d’utiliser cette information cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute — quel que soit votre âge au diagnostic. Aucune surprime ni exclusion ne peut être fondée sur cet antécédent.
Et si mon traitement s’est terminé il y a moins de cinq ans ?
La déclaration reste obligatoire, mais la grille de référence AERAS encadre les conditions pour de nombreux cancers selon leur stade : assurance sans surprime ou avec surprime plafonnée. En cas de refus, le dossier est réexaminé aux niveaux 2 puis 3 de la convention — et un traitement hormonal de consolidation ne repousse pas, à lui seul, le point de départ du délai.
Sources
Assurance emprunteur — autres situations : Changer d’assurance emprunteur (loi Lemoine) · Emprunter sans questionnaire médical · Assurance de prêt avec antécédents (AERAS) · Assurance emprunteur fumeur · comparatif.