Dégât des eaux : les bons réflexes, heure par heure

Le dégât des eaux est le sinistre habitation le plus fréquent en France — et l’un des plus mal gérés par les assurés, parce qu’il mêle urgence matérielle, voisinage et empilement d’assureurs. La bonne nouvelle : la marche à suivre est balisée, et depuis la convention IRSI, un seul assureur pilote la grande majorité des dossiers.

Les premières heures : couper, protéger, prouver

D’abord stopper la cause : robinet d’arrêt général, signalement au voisin du dessus ou au syndic si la fuite vient d’ailleurs. Ensuite protéger — bâcher, déplacer les meubles, éponger — car limiter l’aggravation fait partie de vos obligations d’assuré. Enfin prouver : photos et vidéos datées des dégâts ET de la cause si elle est visible, factures des biens touchés, échantillons (un morceau de parquet gondolé se garde). Ne jetez rien et n’engagez pas de gros travaux avant l’accord de l’assureur : réparer la fuite elle-même, oui ; refaire le plafond, pas encore.

La déclaration : 5 jours ouvrés et le constat amiable

Le contrat impose une déclaration sous 5 jours ouvrés à compter de la découverte — les canaux modernes (espace client, application) valent lettre recommandée, gardez une trace. Si un tiers est impliqué (voisin, copropriété), remplissez ensemble le constat amiable dégât des eaux : ce document non obligatoire mais décisif fige la cause, les lésions et les coordonnées des assureurs de chacun. Un voisin qui refuse de le signer ne bloque rien : déclarez de votre côté avec vos preuves, son assureur sera actionné par le vôtre. Notre guide de la déclaration de sinistre détaille les pièces à joindre.

Qui paie quoi : la logique IRSI

Pour les sinistres courants (jusqu’à 5 000 € HT de dommages par local), la convention IRSI désigne un assureur gestionnaire unique — celui de l’occupant du local sinistré — qui indemnise d’abord et se retourne ensuite entre assureurs. Conséquence pratique : locataire, c’est VOTRE assureur habitation qui gère vos dommages, même si la fuite vient du voisin ou des parties communes ; inutile de courir après l’assureur du responsable. La recherche de fuite — souvent le poste le plus conflictuel — est organisée par la même convention : elle incombe en premier lieu à l’assureur de l’occupant du local où la fuite est suspectée. Au-delà des seuils conventionnels, on retombe dans le droit commun : expertise, recours, et notre guide expertise et contre-expertise.

Franchise, vétusté et embellissements

L’indemnité suit les règles classiques : franchise déduite, vétusté appliquée aux revêtements (un plafond de quinze ans n’est pas indemnisé comme un plafond neuf), et distinction entre l’immobilier (au propriétaire) et les embellissements — peintures, parquets flottants, cuisine posée par le locataire — qui relèvent du contrat de l’occupant. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’assurance habitation du locataire ne se choisit pas seulement sur le prix.

Questions fréquentes

La fuite vient de chez mon voisin : dois-je attendre que son assureur agisse ?

Non. Déclarez à votre propre assureur sous 5 jours ouvrés : en régime IRSI, c’est lui qui gère et indemnise vos dommages, puis exerce les recours. Attendre l’assureur du voisin est l’erreur classique — elle fait dépasser les délais sans rien accélérer.

Qui paie la réparation de la fuite elle-même ?

Presque jamais l’assurance : la canalisation ou le joint défectueux relève de l’entretien (locataire pour les joints et flexibles, propriétaire pour les canalisations encastrées). L’assurance couvre les dommages causés par l’eau et, selon les cas, la recherche de fuite — pas la plomberie vieillissante.

Sources

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