Au tiers ou tous risques : le vrai calcul
« Tiers ou tous risques ? » est la question la plus posée de l’assurance auto — et la plus mal traitée, à coups de seuils magiques. Voici le raisonnement complet.
Ce que couvre réellement chaque formule
Le tiers (RC obligatoire) indemnise les autres : leurs dommages, jamais les vôtres. Le tiers étendu ajoute des garanties nommées : bris de glace, vol, incendie, événements climatiques — des risques qui ne dépendent pas de votre responsabilité. Le tous risques ajoute la garantie « dommages tous accidents » : vos propres dégâts, même seul responsable, même sans tiers (sortie de route, pilier de parking). S’y greffent partout la garantie du conducteur — la plus importante et la moins regardée — et l’assistance.
Le calcul honnête
Comparez le surcoût annuel du tous risques (par rapport au tiers étendu) à l’espérance d’indemnisation : valeur vénale du véhicule × probabilité annuelle d’un sinistre responsable total, moins la franchise. En pratique : sur un véhicule de 3 000 €, un surcoût de 250 €/an avec 400 € de franchise ne « rembourse » son coût que si vous détruisez la voiture tous les dix ans — le tiers étendu gagne. Sur un véhicule de 20 000 €, le même raisonnement s’inverse massivement. La zone grise se situe vers 5 000-8 000 € de valeur vénale : l’âge du conducteur (la surprime novice enfle le surcoût), la sinistralité passée et la capacité d’épargne font pencher la balance.
Les cas qui trompent
Véhicule financé (crédit, LOA/LLD) : le tous risques est contractuellement exigé, le débat est clos. Véhicule ancien mais coté (youngtimer) : la valeur vénale « Argus » sous-estime le marché réel, pensez valeur agréée — voir assurance collection. Petit rouleur : la probabilité de sinistre responsable baisse avec le kilométrage, ce qui avance l’âge de bascule vers le tiers.
Questions fréquentes
Le tous risques couvre-t-il tout ?
Non : restent typiquement exclus le défaut d’entretien, la conduite sous stupéfiants ou ivresse (déchéances), les effets personnels au-delà d’un plafond, et votre propre corps — qui relève de la garantie conducteur, dont le plafond et le seuil d’intervention méritent plus d’attention que la formule elle-même.
Passer du tous risques au tiers en cours de contrat, possible ?
Oui, par avenant à tout moment (l’assureur peut refuser mais c’est rare) ou en changeant d’assureur après un an via la résiliation infra-annuelle.
Sources
Autres guides : Le Bureau central de tarification : l’assurance qu’on ne peut pas vous refuser · Le relevé d’information : votre passeport d’assuré · Catastrophes naturelles : le régime cat-nat expliqué · La garantie du conducteur : la plus importante, la moins lue · La responsabilité civile vie privée : l’assurance que vous avez déjà · tous les guides.